Chronique : WHITE MANNA – Live Frequencies

Live Frequencies

  • États-Unis / Septembre 2014 / 10 titres (dont 4 bonus) / 78:59
  • Label : Cardinal Fuzz (distribution : Captcha Records)
  • Genre : rock psychédélique live
  • Format : album CD pochette carton (imitation vinyle)
  • Autres formats disponibles : divers vinyles, téléchargement (MP3, FLAC, etc.)

Tu aimes le rock et les berlingots aux couleurs vives, entre autres friandises. Tu lèves régulièrement les yeux aux ciels pour observer les étoiles et les comètes. D’ailleurs en voyant les scientifiques de l’Agence Spatiale Européenne à la télé, tu te dis que t’aurais peut-être pu faire autre chose de ta vie, si seulement tu avais bossé tes maths. White Manna est ce qu’il te faut : du plaisir accessible à peu d’efforts, une longue traversée spatiale sans quitter ton séjour.

Ces californiens demeurent assez méconnus en France, en dépit d’une intense activité depuis 2012. Avec Live Frequencies le quintet met pourtant l’hexagone à l’honneur puisque six titres présents sur cet album (cinq des six morceaux de l’édition vinyle standard) proviennent d’un concert donné au Kalif de Rouen l’an dernier. Les quatre autres, plus heavy et distordus, sont tirés d’un passage à Copenhague durant la même tournée. Globalement le rendu sonore est magnifique. Sur scène, cette bande de chevelus révèle tout son talent : l’énergie et l’électricité haute tension qui se dégagent ici rendent les enregistrement studio ternes en comparaison.

Bien au chaud dans la navette, very good trip 

Le disque débute sur des bases acid rock avec l’instrumental « E Shra », dénué de riff et totalement planant. Les deux guitares fuzzy brûlent tout à l’acide, déchirent l’espace, tandis que le tempo métronomique et les bruitages spatiaux renvoient bien sûr au space rock d’Hawkwind, dont l’ombre plane sur toutes les compos (l’ombre seulement). Placement rapide en orbite. Plus aucun contact avec la base. C’est à partir de « Acid Head » que l’on rentre dans un rock psychédélique plus classique, le pied scotché à la pédale wah-wah, construit autour de riffs simples et obsédants, généreux en solos hallucinés et en incantations bourrées de réverb et de tremolo.

Spacemen 3 est une autre influence psychédélique évidente, sauf que White Manna ne fait pas dans le minimalisme; il suffit d’écouter la richesse des arrangements pour s’en convaincre. A la différence de nombreux groupes psychés désenchantés, leur musique fiévreuse est animée par un réel enthousiasme. Ainsi la basse aux belles rondeurs est chaude comme la braise, la voix grave de David Johnson est décidée : on pense davantage à Jim Morrison qu’à la nonchalance de Lou Reed ou Ripley Johnson (Wooden Shjips). Le caractère hypnotique des rythmiques n’empêche pas des variations de tempo, avec un « Evil » aux accents punk ou un « Sweet Jesus » qui monte en régime.

Bref, si l’on oublie les regrettables pauses entre les plages (!), voici le genre d’album qui donne au rock psychédélique ses lettres de noblesse. Rock psychédélique avec un grand R.

___8/10___                    

Artwork et textes : Inspirés par le pop art d’Andy Warhol, David Johnson et un certain Sam Giles ont réalisé cette pochette en forme de planche de buvards. S’agissant des textes, la tracklist parle d’elle-même…

Cet article, publié dans Chroniques Nouveautés Musique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s