Chronique : ESPERIT! – La lluminosa

La lluminosa

  • Espagne / Février 2014 / 14 titres / 42:40
  • Label : Bankrobber
  • Genre : mosaïque psyché instrumentale
  • Format : album CD pochette carton
  • Autres formats disponibles : vinyle standard LP, téléchargement (MP3, FLAC, etc.)

Le jour où l’on a vu Dalmau Boada – multi-instrumentaliste au cœur du projet Esperit! – s’en sortir plus qu’honorablement seul face à une meute de hard-rockers pas forcément hyper ouverts d’esprit, on a décidé de lui consacrer une chronique. Ce soir-là il nous avait agréablement surpris par sa fraîcheur, son sourire et son insouciance. Faut dire que de l’insouciance il en fallait pour ouvrir le concert de Nashville Pussy avec cette musique insolite, légère et gentiment psychédélique. A moins que ce ne soit de l’audace ou du cran.

Le mec offre un véritable spectacle sur scène, jonglant habilement avec instruments, micros et pédales d’effets. Artiste farouchement indépendant, le solitaire du Montseny (Catalogne espagnole) a pris son envol, fort d’une solide expérience au sein de différents groupes et duos. Après un Endavant Continu (2011) très folk psyché, il revient avec des compos plus électriques, portées par un éclectisme effréné. A tel point qu’à la première écoute de La lluminosa, un effet-catalogue pointe son nez. Le disque finit pourtant par séduire, rappelant aux théoriciens et autres ritualistes dont nous faisons partie que la musique peut aussi être un moment de plaisir et de détente. Tout simplement.

Rando mystique sous un soleil de printemps, loin des hipsters

Au fil des écoutes le patchwork se mue en tapis volant qui invite au voyage et à la rêverie. Quel que soit le genre, tout est enveloppé d’un psychédélisme de velours, rien ne bascule vers le carrément pop ou la pure expérimentation. Désormais plus bohème qu’avant-gardiste, l’homme-orchestre se fait plaisir sans renoncer à sa liberté créative. En solo de twang hillbilly (« Dollars Bill »), branché en mode reggae/dub planant (« Ran Jah »), ou grattant une steel guitar années 30 (« Indi »), il n’a aucun complexe ni aucune prétention. On lève la tête, regarde le ciel bleu azur, avant de le rejoindre dans sa montagne, gagnés par une espèce d’éveil printanier.

Lorsque l’excellent « Psych Oh » vient provoquer désordre mental voire hypnose, sache que cette parenthèse krautrock fait partie de l’initiation. N’aie crainte car à la fin de la balade des moments de grâce t’attendent : la plénitude qui habite « O A » (poésie absurde héritée de Música Dispersa) et la désinvolture héroïque de « Veig La Fosca » (apparition du fantôme de Lou Reed). Le temps du repos venu, on regrettera que les deux incartades électro (synth-pop avec voix vocodée et glitchée pour « Kaisser », electronica pour « SMKMNTN ») soient moins convaincantes.

A vrai dire tout ça recèle un tel potentiel qu’on se surprend à rêver de quelque chose de plus ambitieux, en particulier au niveau de la production. De moins sage aussi. Peut-être perdrait-on alors le Dalmau Boada doux rêveur.

___6/10___                    

Artwork et textes : Pochette pertinente signée Ramon Ponsatí, à partir d’une photo des Agudes prise par Fernando Fornieles. La voix est utilisée comme un instrument, il n’y a quasiment pas de textes.

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