Chronique : MODERN LIFE IS WAR – Fever Hunting

Fever Hunting

  • Etats-Unis / Septembre 2013 / 11 titres / 31:02
  • Label : Deathwish Inc.
  • Genre : hardcore mélodique
  • Format : album CD digisleeve
  • Autres formats disponibles : divers vinyles, téléchargement

Avec Modern Life Is War (MLIW), tout est question de passion. A tel point qu’il est difficile, pour ceux qui sont restés fans de punk hardcore, de porter un jugement un minimum objectif sur ce quatrième album. C’est en 2003 que MLIW est venu réveiller une scène musicale moribonde grâce au tonitruant My Love. My Way., avant d’être consacré par la critique deux ans plus tard pour Witness (2005). Et puis patatrac : changement de line-up, un troisième album mi-figue mi-raisin, la séparation. Une explosion en plein vol.

Il faut dire que cette musique – qui passe forcément par l’épreuve de la scène – nécessite un tel engagement qu’un burn-out est vite arrivé. Ceci est particulièrement vrai pour Jeffrey Eaton qui s’éreinte à hurler, toujours au bord de la rupture. Sans cesse partagé entre révolte et mélancolie, son chant constitue l’âme du groupe, son moteur émotionnel. Sur Midnight In America (2007), on avait regretté qu’il soit un peu en retrait, employé par moments à réciter un texte plutôt qu’à dynamiter la mélodie. Sur Fever Hunting, il retrouve toute la place qu’il mérite.

D’émouvantes retrouvailles, un acte de bravoure

Exit les références littéraires, MLIW célèbre les retrouvailles de ses membres d’origine avec onze morceaux courts et intenses. Pour autant le caractère mélodique inscrit dans l’ADN du groupe n’a pas cédé le pas à l’agressivité. Un hardcore fin et subtil, boosté par la production de Kurt Ballou (encore des retrouvailles) mettant parfaitement en valeur des guitares tantôt cristallines, tantôt puissantes ou dissonantes. Converge n’est donc pas loin (dommage pour l’utilisation un peu abusive du larsen).

La volonté de concilier des aspirations contradictoires peut déstabiliser. Les premières écoutes font craindre un manque de cohérence (l’atmosphérique « Currency » conclu par une phrase scandée). Mais globalement, l’équilibre entre introspection et efficacité est atteint, brillamment illustré sur « Chasing My Tail ». Ce n’était pas chose aisée car Fever Hunting possède une palette émotionnelle assez large. Le très punk-rock « Health, Wealth & Peace » ne présage pas des accents rockabilly de « Dark Water », de la lenteur de « Brothers In Arms Forever », ou du rentre-dedans « Cracked Sidewalk Surfer ».

Si l’ensemble tient bon et qu’on s’y attache fortement, c’est notamment grâce à ce chant hurlé gorgé d’émotion. Pas une simple posture mais une véritable ligne directrice. Quant aux textes, ils parleront aux inadaptés, à ceux qui luttent pour trouver un but ou simplement entretenir une amitié. Oui, MLIW a une conception exigeante du hardcore, celle à laquelle nous souscrivons : conscient, sincère, agressif, impliqué. Une passion qui fait de ce nouvel album un acte de bravoure, après quelques années d’errance dans le Mid-Ouest américain et le passage à la trentaine.

___8/10___

Artwork et textes : On a connu mieux de la part de Jacob Bannon (chanteur de Converge, cofondateur de Deathwish, graphiste), lequel s’est toutefois donné la peine de réécrire de sa plume les textes (personnels et touchants) pour un joli livret de 24 pages.

Cet article, publié dans Chroniques Nouveautés Musique, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s