Chronique : LA SECTE DU FUTUR – Greetings From Youth

Greetings From Youth

  • France / Janvier 2014 / 12 titres / 39:47
  • Label : XVIII Records
  • Genre : garage-pop psychédélique
  • Format : vinyle standard LP
  • Autres formats disponibles : téléchargement (MP3, FLAC, etc.)

Depuis une dizaine d’année nombre de groupes se replongent dans les années 60 pour noyer dans la réverb un garage rock à tendances surf, psychédélique, ou rockabilly. Le délire lo-fi va parfois jusqu’à réexplorer le doo-wop ou le boogie-woogie! Il s’accommode volontiers d’un foutoir punk, à l’image des Black Lips qui font office de figure de proue de ce renouveau. Du son qui te donne envie de porter un bermuda en plein hiver et de te faire tatouer à l’arrache par le voisin du dessus. Une ancre ou une pin-up. Tant pis. Ou tant mieux.

L’insouciance qui prédomine à l’ombre des palmiers ne s’impose pas franchement dans notre hexagone plongé dans le marasme. Pas de flower-punk ici : Crash Normal fait des bad trips electro-garage et Yussuf Jerusalem nous la fait mystico-chevaleresque, piochant carrément dans le black metal. Ces deux formations annonçaient l’arrivée en 2012 de La Secte Du Futur, qui avec ce deuxième album a de quoi attirer de nouveaux adeptes. Lesquels devineront, au-loin, la Faucheuse sur une planche de surf.

Avec de la réverb, les lendemains chanteront 

Tout ça pour dire que ce qui séduit immédiatement dans Greetings From Youth, c’est à la fois son ambiance particulière de fin du monde et son univers rétro-futuriste. Autour de Pierre Tatin de Catholic Spray, la Secte nous rappelle que la musique surf n’est pas obligatoirement enjouée ou niaise. Elle nous enseigne que garage rock psyché (crade et braillard) et pop (mélodique et entêtante) peuvent faire bon ménage. Elle nous guide grâce à ce subtil duo vocal (Pierre et Ali de JC Satàn) hyper-réverbé et super-saturé (mais on a entendu pire).

Inquiétante et sombre, la Secte est néanmoins animée par un immense souffle épique, évident sur la plupart des morceaux (« TNT Faithbelt » donne le frisson tout comme le solo de « Someone Stole My Summer »). Comme si elle voulait te dire, « c’est main’ant que ça s’passe rejoins-nous dans notre îlot préservé de l’ennui du monde, on se marre bien, et puis tu pourras apprendre à surfer ». Il PEUT se passer quelque chose. Même pour cette génération perdue, celle de la crise perpétuelle, fuyant la précédente qui n’en finit plus de s’arc-bouter sur des principes dépassés.

Le profane sera séduit par la nouveauté du propos. Sur des fondements rétro (choeurs, orgue sixties, la guitare surf de « Respect Pour Le Peuple », les sifflements western de « Come And Love The Guru »), des préceptes d’une nouvelle ère sont dictés avec une conviction sans faille (l’emphase digne d’une série animée japonaise sur « Cavaliere D’Oro », le synthé abrasif de l’electropunk « Thunder Crib »). Un album très efficace et relativement homogène, à écouter maintenant, tout de suite.

___8/10___                    

Artwork et textes : Excellente pochette réalisée par le groupe, proche de l’imagerie de Yussuf Jerusalem. Pas d’encart. Pas de paroles, donc. Un petit effort la prochaine fois pour les adeptes?

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