Xtreme Fest 2014 – Albi [1/4] : Jour 1

Deuxième édition de l’Xtreme Fest, le festival tarnais dédié aux musiques punk, hardcore et metal. F&D est de nouveau présent dans le pit, à partir du 1er août et pour trois jours! A la différence de l’édition 2013, l’événement se tient au Parc des Expositions d’Albi – Le Séquestre : le Scénith fait office de Main Stage, tandis que la X Stage et la Zguen Stage ont été montées sur l’esplanade Sud. A peine arrivés sur le site, c’est clair : le fest est en train de prendre une nouvelle dimension. C’est parti pour un live report au plus proche de l’action, avec cette fois des photos qui claquent!

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Tout de noir vêtus, les cinq membres de Seylen ont le privilège d’ouvrir le festival ce vendredi à 18h15. Enfin, « privilège »… Pas vraiment car les spectateurs ne sont pas encore très chauds, et les assoiffés sont nombreux à faire la queue dès leur arrivée pour acheter des jetons de bar. Le public présent, lui, a pu apprécier le metal moderne et syncopé de la formation locale, tendance djent ou post. Plus agressif que celui de Klone (les vocaux sont à la limite du metalcore) mais plus mélodique que les folies de Meshuggah. Certains passages rentre-dedans évoquent le death metal façon Gojira. Chanteur convaincant, son massif, atmosphère ténébreuse : Seylen a su nous captiver en quelques titres.

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On zappe The Dead Krazukies, préférant se diriger vers la Main Stage pour assister à la prestation de vieilles connaissances : Aborted. Des années qu’on n’a pas vu les poètes belges sur scène. En fait non c’est pas des poètes puisqu’ils jouent du brutal death metal gore-grind, et puis sont plus vraiment belges à l’exception de Svencho, le frontman historique. On attend avec impatience de savoir ce que peut donner du Aborted, soit l’un des groupes les plus brutaux du week-end, dans cette salle multifonctions de plus de 2400 m². L’orientation récente du groupe vers un metal clinique se ressent également en live, nous conduisant à regretter le son brut et gras d’antan. Pire : les premiers riffs sont quasiment inaudibles, les vocaux ne sont pas au top, tout est noyé dans les basses. Tout au long de ce report il sera impossible de taire les problèmes de son de cette Main Stage, ce sera malheureusement notre ritournelle. Et quand le son sera bon voire excellent, on ne manquera pas de le dire non plus. 

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Heureusement pour les amateurs de brutal death bien saignant ça s’améliore petit à petit : la seconde partie du concert est bien meilleure pour les oreilles et la nuque (oui l’anatomie du metalleux est particulière). Deux-trois morceaux efficaces et on finit par s’emballer pour la mécanique de précision du groupe, en dépit de solos pas toujours sensass. Sven invite régulièrement la foule à « s’bouger l’cul » et ça fonctionne, avec notamment les premiers circle pit. La grosse ambiance est déjà au rendez-vous et c’est une excellente nouvelle! Ça ferraille dur dans une fosse achevée à coups de ciseaux par les mosh part et la double grosse caisse ultra rapide de « The Saw And The Carnage Done ». Titre délicieusement évocateur.

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On a déjà le sourire aux lèvres au moment de retourner sur la X Stage voir The Rebel Assholes qu’on avait loupés en mars dernier à Albi. C’est ce soir qu’on découvre donc le punk-rock plutôt pop du quatuor franc-comtois influencé notamment par les Burning Heads. Un set bien carré et plein d’énergie! Guère étonnant de la part d’acharnés des tournées, hyper impliqués dans la scène punk rock hexagonale. On profite de ce bon son et des mélodies de « I’m Guilty » ou « What The Hell ». Et oui l’Xtreme propose aussi des mélodies et c’est très bien parce qu’on ne peut pas se brancher en mode warrior pendant trois jours, sous peine de griller comme une vulgaire ampoule en surtension.

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Timing un peu serré, achat de jetons de bar, approvisionnement en bières et casse-dalle : pour ce premier jour on a un peu négligé la Zguen Stage, on se rattrapera un peu par la suite. Désolés pour Real Deal qui passe donc à la trapinette, on se prépare pour l’arrivée de Gojira à 21h00. Comme Aborted, des retrouvailles. Quand on est originaire du Sud-Ouest de la France et qu’on aime le metal, Gojira c’est presque une habitude. Sauf que là mine de rien, ça fait un paquet d’années qu’on ne les a pas vus. Condamnation à trois bières maximum pour cause d’infidélité. En même temps ça tombe pas trop mal ce soir on a de la route à faire. Très attendus par le public, le groupe des frères Duplantier déboule sur scène : ce qui frappe d’entrée, c’est que les mecs n’ont pas changé! Comme quand tu retrouves un vieux pote et que t’as l’impression de l’avoir quitté la veille.

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Ça commence fort avec « Explosia » et « The Axe » tirés de L’Enfant Sauvage, le dernier album en date qui n’a pas séduit tout le monde. Là, sur les planches, ces titres font mouche, on retrouve totalement le Gojira qu’on aime, c’est-à-dire un groupe de death metal à la rage tribale, puissant et efficace, quasi spirituel si l’on en croit la transe qui habite progressivement le spectateur. Si le Godzilla mascotte du festival ressemble à un punk super énervé, le Gojira ex-Godzilla (ça va tu suis toujours?) est un démiurge à la fois colérique et bienveillant, une force créatrice qui n’a pas vraiment d’équivalent dans les musiques metal.

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Le son est plutôt équilibré, avec mention très bien pour la batterie car Gojira a compris depuis longtemps qu’il ne sert à rien d’en faire trop, contrairement à de nombreux autres groupes metôl. L’énergie, la vélocité et la souplesse suffisent à dégager une énergie brute, audible mais également visible aux gestes de Mario, mouvements d’une amplitude folle. Globalement la satisfaction de pouvoir profiter du concert dans des conditions correctes prédomine, même si on sent bien que cette salle provoque un phénomène de résonance et n’offre pas la chaleur sonore dont on rêverait. On profite, donc… Gojira enchaîne les morceaux avec une grande maîtrise, peu de répits, un jeu de scène inchangé depuis une dizaine d’années mais toujours énergique (Jo et Jean-Michel surtout), une bonne setlist dans laquelle chaque album est représenté! Peut-être parce qu’ils jouent pas trop loin de leur fanbase historique (Jo se remémore avec nous les premiers concerts dans la région) les vieux ont la chance de pouvoir réentendre ce soir « Love » et – plus inattendu – « Wisdom Comes ». Bonheur.

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Grosse ambiance dans la fosse, ça slamme dans tous les sens, et le désormais inévitable braveheart (ou wall of death si tu préfères) vient ravir les fans de caresses. A plusieurs reprises Jo adresse quelques mots au public et n’oublie pas de le remercier après chaque morceau, d’une voix douce, très éloignée des clichés du metal. Les années passent et Gojira dégage encore une véritable humilité ainsi qu’un bon état d’esprit. Line up solide comme le marbre, tournées incessantes et albums costauds font de Gojira le leader incontesté du metal français depuis plus de dix ans. Main gauche pouce en l’air, main droite signe de la bête, à la gloire d’un modèle de constance. Le show est magistralement clôturé par un « Where Dragons Dwell » hypnotique et épique à souhait, offrant sans doute la plus longue session de double grosse caisse qu’on n’ait jamais entendue! On en ressort abasourdis. Et heureux, parce qu’un tel final ça ne s’oublie pas, nom de Zeus!

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La setlist :

Explosia
The Axe
Backbone
The Heaviest Matter Of The Universe
Love
Flying Whales
5988 Trillons De Tonnes
Wisdom Comes
Oroborus
L’Enfant Sauvage
Toxic Garbage Island
Where Dragons Dwell

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On reprend l’air sur la X Stage, une pluie d’orage tombe sur des festivaliers pas dissuadés d’aller voir The Black Zombie Procession. Aller hop on enchaîne, tout de suite, c’est ça l’Xtreme Fest. Mmm… Black Zombie Procession (BZP)? On connaît pas. Peut-être parce que ce projet basé à Besançon a été mis en sommeil pendant cinq ans, et que Vol. III: The Joys Of Being Black At Heart, paru en avril dernier, n’a eu jusqu’à présent qu’un faible retentissement médiatique. En une quarantaine de minutes BZP va nous montrer que c’est vraiment trop inzuste!

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Pardon pour cette référence puérile car on comprend rapidement que le concept du groupe tourne autour du cinéma d’horreur, les samples introduisant les morceaux étant tout à fait explicites. Pas trop notre tasse de thé (tiens bizarrement l’Xtreme ne propose aucun salon de thé) mais ça sent le truc fun. L’essentiel c’est que côté zik on a affaire à du… crossover. Cool!!! L’an dernier on avait quand même eu droit à Municipal Waste et Suicidal Tendencies. L’appétit vient en mangeant. Alors lecteur le crossover qu’est-ce que c’est, ah ahhhh?! Et bien c’est un thrash metal catchy et dansant très porté sur le punk et le hardcore. Ce qui est valable pour le « crossover – horror – core » de BZP : le chant teigneux d’EliBats – qui sévit sur le nouvel album mais également dans Hellbats – et des riffs thrashouilles séduisent rapidement un public qui danse sous la pluie. Cependant le projet de Nasty Samy (Demon Vendetta) n’est pas un banal clone de D.R.I. ou Crumbsuckers, figé dans la période 1983-1989. Ça taquine la guitare et l’ensemble est moins rétro et plus mélodique que la moyenne (y compris au chant), avec une forte influence heavy et speed metal. Il y a pas mal de variété dans le jeu et les ambiances, ce qui donne l’impression que BZP appartiendrait plutôt à une vaste congrégation punk-metal.

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Petit à petit la pluie s’estompe et le public s’éclate de plus en plus, séduit. Le set est carré et dynamique, la musique hyper entraînante et riche en émotions. Techniquement c’est bluffant. Non vraiment on tient là une très belle découverte… Un groupe qui mérite de dépasser rapidement les 1000 likes sur Facebook. Pour un peu on se materait un vieux Romero en rentrant.

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Il est 22h45 et la soirée est d’ores et déjà réussie. On souffle un peu avant de jeter un œil à Smoke Deluxe sur la Zguen Stage, trop rapidement pour pouvoir te livrer une impression. Mais on en reparlera plus tard, car les basques remettront le couvert demain, en remplacement de Straightaway.

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Décontractés de la nuque et joyeux comme l’enfant le jour de Noël, nous suivons la foule qui se rend à la Main Stage pour Les Sheriff. C’est avec grande curiosité que l’on s’apprête à voir un monument de la scène alternative française des années 80. Curiosité et non pas impatience car, honnêtement, on ne connaît pas bien les punks montpelliérains. Question de génération probablement. Mais aussi parce qu’on a tous nos lacunes : le groupe a été actif jusqu’en 1999, avant de se reformer en 2012 puis 2014, on a donc tous connu au lycée au moins un(e) fan. Les $heriff se présentent ce soir devant une foule, non pas de lycéens, mais d’individus de 17 à 57 ans. Et dès les premières minutes, on peut mesurer l’incroyable popularité du groupe, encore aujourd’hui. Une large partie du public connaît toutes les paroles, simples et chantées en français. Ainsi très vite se forme une joyeuse communion. Le son est pas mal. Ce punk rock à l’énergie juvénile est véritablement intemporel, déballant ses riffs accrocheurs et ses refrains imparables. Les Ramones ne sont plus mais Les $heriff sont toujours là. Et bien là.

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L’ambiance est dingue avec un slam à la minute. Le show ne laisse pas respirer une fosse comblée par « A Coup De Batte De Base-Ball », « Jouer Avec Le Feu » et autres tubes mêlant rage et humour. Derrière le micro, Olivier est un peu statique mais a toujours de la voix et de la conviction. La communication avec le public est réduite au plus strict minimum. « Ça s’appeeeellllleeee… » pour annoncer la chanson suivante, « merciiiiii! » pour la clôturer. Les fans bougent et s’éclatent comme des gosses, démonstration qu’il ne sert à rien de blablater inutilement ni de faire participer les gens à des chorégraphies des jeux ou autre. Là on en profite pour faire passer un petit message d’ordre général : quand on se déplace pour voir le concert d’un artiste/groupe adoré, c’est pour applaudir LA MUSIQUE, voir et entendre nos titres favoris! S’agissant de cet Xtreme Fest, on vise un groupe en particulier. Qui jouera demain. T’as peut-être deviné. Ce soir Les $heriff sont allés à l’essentiel avec un set consistant, un show intense et hyper efficace. Un concert trois étoiles de shérif.

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Changement d’ambiance à la sortie puisque le thrash metal d’Havok nous attend sur la X stage! On s’attend à quelque chose de bien dansant de la part du combo formé dans le Colorado il y a une dizaine d’année. Les albums sont sympathiques sans être géniaux, plutôt bourrins et pas aussi old school que ne le laissent paraître les pochettes. Mais ce soir le quatuor va mettre tout le monde d’accord : excellente rythmique, très bons solos, un show énergique et hyper bien rôdé… Énorme! Le chant de David Sanchez (guitare rythmique) est bien hargneux, 100% thrash old school pour le coup, et ne s’interrompt que pour délivrer à l’assistance quelques axiomes et pensées philosophiques : la défense de la liberté, l’autodétermination, et bien sûr… le putain de fun! Le son est excellent, ce qui permet de jouir des riffs de guitare mais aussi du doigté du nouveau bassiste (tant pis il est tard on laisse cette phrase telle quelle).

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Incontestablement Havok montre un vrai talent en live, avec un show comme les ricains en ont le secret. La chaleur estivale est tombée, le public est déchaîné, excité par quelques circle pit ainsi qu’un pogo nocturne furieux, étonnamment mixte. Quelques chutes sont à déplorer, tandis qu’on aperçoit par-ci par-là quelques headbangers (NE LES OUBLIONS PAS). « Covering Fire », « Give Me Liberty… Or Give Me Death », etc. Tout le monde en redemande. Rappel. Pour l’ambiance et le reste ce premier jour fut une grande réussite. Il est 1h30 passé, c’est fini et il est temps de rentrer à la maison. Cette année pas de camping. Manque de panache et envie de dormir. Mais demain on sera là, vaillants comme l’épée.

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Photos : ♦atreyu64♦ Pour plus de photos de ce Jour 1 c’est par là!
Texte : ♠adrinflames♠ et ♦atreyu64♦

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12 commentaires pour Xtreme Fest 2014 – Albi [1/4] : Jour 1

  1. Wouhaou!!! Quel report de ouf!! Il y en a pas mal sur ce fest mais le votre tient la 1ère place pour moi! Effectivement entre vos lignes et vos photos on revit VRAIMENT ce fest qui était une tuerie!! Et les clichés sur Flickr -> O_O sans voix!!!

    Petite question, les 2 autres jours seront en ligne plus tard? Dites oui!! Dites oui!!! Dites ouiiii!!! Parce que du coup j’ai vraiment vraiment hâte de lire et voir la suite!!!! \m/

    En plus peut être que je me verrais en photo huhu!! Pour la « petite » histoire, j’ai fais un appel à tous les photographes présent à l’édition de 2014 de l’Xtreme Fest sur les réseaux sociaux, parce que je suis à la recherche des photos du public lors concert de Berri Txarrak (le samedi à 18h30 sur l’X stage) car j’ai été pris en photo par plusieurs photographes avec un gars (euskaldun) à mes côtés et le drapeau basque (Euskal Ikurrinia) dans le public. (J’étais au premier rang derrière les barrières de sécu du pit photo, je suis une petite rousse aux cheveux long photo).
    Donc voilà l’une des raisons pour laquelle j’ai hâte (et je croise tous mes petits doigts!!) de voir la suite! *-* (yeux de cocker) 😀 Si vous faites parti des fameux photographes vous rendrez super méga ultra heureuse une p’tite rouquine ^^

    Merci en tout cas pour cet excellent report!!!! \m/

    Baba.

    Ps: faites nous plaisir et n’arrêtez JAMAIS d’écrire ni de faire des photos!!!

  2. Stouf dit :

    excellent report, j’ai vraiment bien revécu cette première journée, avec un bémol pour Aborted, pour moi le concert fut monstrueux du début à la fin, et sur le côté de la scène avec des bons bouchons pro, le son m’a scotché. Mais il est vrai que suivant l’endroit où on se plaçait ça sonnait pas pareil…

  3. Toz dit :

    ça c’est du report (!) même pas besoin de video live pour sentir l’ambiance,
    Comments/infos au top et des photos bien vivantes. GROS KIF !
    Manoeuvre et De Caunes ?…c’est has been, place à Adrinflames & Atreyu
    Merci les gars.

  4. Excellente plume, comme d’hab ! 😉
    Vivement la suite !!

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