Football : Bilan de la Coupe du monde 2014

La Roja se livre à la fatalité

Même erreur pour Vicente Del Bosque qui a voulu mourir avec son équipe double championne d’Europe et championne du monde. Mais le sélectionneur espagnol a plus de chances que Scolari car dans son cas, tout le monde trouve ça normal! « C’est la fin d’une génération, la fin d’un cycle » a-t-on pu entendre ad libitum. Un palmarès, et hop, on a le droit de faire n’importe : laisser Iker Casillas garder les buts alors qu’il est complètement à la rue, s’entêter avec d’autres joueurs cadres hors de forme, se prendre 5 buts dans la musette face aux Pays-Bas, oublier de célébrer la retraite du meilleur buteur de l’histoire de la sélection espagnole (David Villa), etc. Ben quoi, la France a fait pareil en 2002! Et puis aussi, il faut être indulgent avec les joueurs du Barça de l’Atlético et du Real « qui ont eu une saison longue et difficile ». En fait le mieux c’était de déclarer forfait et de rester à la maison. Avant le naufrage, Diego Costa a eu le temps de nous gratifier de la meilleure simulation de la compétition. A ce niveau-là – ça fait mal de le dire – ça n’est plus de la simulation : c’est de l’art.

Les Bleus : champions du monde de la com’

Après l’épisode de Knysna, un Euro très moyen et une qualification à l’arrachée, les Bleus se devaient de reconquérir le cœur des Français. Patrice Evra se réconcilie avec les journalistes à l’occasion d’une conf’ de presse hilarante, DD ne fait pas de vagues et dégage un esprit positif, Antoine Griezmann séduit par sa fraîcheur, les joueurs sourient, multiplient les selfies et donnent des autographes (c’est fou, non?) : « ce groupe vit bien » nous a-ton rabâché pendant trois semaines. Voilà. La mission est accomplie tout le monde est content. Hein? Quoi? Les résultats? Ah oui, on a failli oublier qu’il y avait une compétition. Quart de finale, mission accomplie là-aussi! Ah tu veux vraiment qu’on parle foot? Un très bon match contre la Suisse, des arbitres qui nous ont bien aidé… euh c’est à peu près tout. Après ben contre l’Allemagne « L’EXPÉRIENCE a été primordiale » : ça ne sert à rien d’aller plus loin dans l’analyse! Benzema? Quelle attitude de Benzema? Non non cette année la tactique les résultats les gens s’en foutaient. Eux ce qu’ils voulaient, c’est de l’amour.

La Nationalmannschaft : à la fin les meilleurs gagnent

Les Allemands ont souffert contre le Ghana, l’Algérie, et puis en finale contre l’Argentine. Mais globalement la Mannschaft s’est distinguée par une maîtrise collective supérieure. Elle a montré qu’elle disposait de grands talents individuels sur toutes les lignes (Hummels, Kroos, Müller, etc.). Miroslav Klose a même battu le record du nombre de buts inscrits en Coupe du monde. Le sélectionneur Joachim Löw avait quant à lui bien bossé son affaire, mettant en place plusieurs organisations (on a pu voir Philipp Lahm milieu défensif) et s’adaptant à toutes les situations. André Schürrle, percutant et efficace lors de chacune de ses apparitions, a fait figure de remplaçant de luxe. Et que dire de Manuel Neuer… Des sorties ultra autoritaires dans ou en dehors de sa surface, une envergure incroyable, des réflexes insensés. Lorsqu’il claque de la main droite la frappe de Karim Benzema, le mec ne déploie pas plus d’énergie que toi jouant au ballon de plage avec ton neveu de cinq ans. « Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt ».

Le meilleur match : Allemagne – Algérie (2-1 a.p.), vrai match de coupe

Cette Coupe du monde a très bien débuté, avec des surprises et des buts. On retiendra tout particulièrement un Angleterre – Italie de haute volée à Manaos (Amazonie). Dommage que ces deux équipes aient complètement explosé physiquement après cette rencontre. Ensuite, les matchs à élimination directe ont été décevants dans l’ensemble : fatigue de certaines équipes (stupide ces matchs à 13h00), attentisme, peur de perdre… Dans ce contexte le Allemagne – Algérie a fait figure d’exception. Incontestablement le match le plus intense du point de vue émotionnel. Techniquement c’était pas mal non plus, du reste. Les Algériens, brillants dans l’organisation et l’animation collectives, ont abordé la rencontre sans pression et se sont dépouillés sur le terrain. Malheureusement, comme les Argentins après eux, les Fennecs ont fait preuve de maladresse devant le but, tandis que Manuel Neuer se montrait impérial en « goal volant ». Après la défaite Coach Vahid était triste, mais il pouvait être fier de son équipe.

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